Lors d’un contrôle routier, certaines infractions peuvent être confondues alors qu’elles correspondent à des situations juridiques bien distinctes. C’est notamment le cas du délit de fuite et du refus d’obtempérer, deux infractions prévues par le Code de la route fréquemment confondues.
En effet, ces notions recouvrent des comportements différents et entraînent des conséquences pénales spécifiques. Au Cabinet de Caumont, nous accompagnons régulièrement des conducteurs confrontés à ces situations afin de clarifier leur situation juridique et d’assurer la protection de leurs droits.
Qu’est-ce qu’un délit de fuite ?
Le délit de fuite correspond à la situation dans laquelle un conducteur, impliqué dans un accident ou un incident de circulation, quitte les lieux afin d’échapper à son identification.
Le Code de la route prévoit que le conducteur doit rester sur place afin de permettre son identification par les forces de l’ordre ou par les autres personnes concernées.
Ainsi, le délit de fuite est caractérisé lorsque trois éléments sont réunis :
- un accident de circulation est survenu (même s’il n’y a pas eu de choc direct) ;
- le conducteur quitte les lieux ;
- cette fuite est motivée par la volonté d’éviter d’être identifié.
Cette infraction est caractérisée même si les dégâts sont minimes ou s’il n’y a pas de blessé. Dans la pratique, certaines situations de délit de fuite surviennent également lorsque le conducteur tente d’éviter les forces de l’ordre après un accident ou un incident constaté.
Qu’est-ce que le refus d’obtempérer ?
Le refus d’obtempérer est une infraction différente. C’est lorsque le conducteur refuse volontairement de s’arrêter malgré l’injonction de le faire par les forces de l’ordre.
Les agents habilités peuvent, en effet, demander à tout conducteur de s’arrêter dans le cadre d’un contrôle routier par exemple. Lorsque le conducteur poursuit sa route malgré cette injonction, l’infraction est susceptible d’être constituée.
Le refus d’obtempérer se produit lorsque :
- les forces de l’ordre signalent clairement au conducteur de s’arrêter ;
- le conducteur comprend cette injonction ;
- il décide néanmoins de poursuivre sa route.
Contrairement au délit de fuite, cette infraction ne nécessite pas qu’un accident ait eu lieu.
Dans certaines situations, les deux infractions peuvent d’ailleurs être retenues simultanément. Par exemple, lorsqu’un conducteur impliqué dans un accident refuse de s’arrêter malgré l’injonction des forces de l’ordre puis quitte les lieux.
Quelles sont les sanctions prévues par la loi ?
Les sanctions varient selon l’infraction retenue.
Le délit de fuite, prévu par l’article L231-1 du Code de la route, est puni de :
- jusqu’à 3 ans d’emprisonnement ;
- jusqu’à 75 000 euros d’amende ;
- un retrait de 6 points sur le permis de conduire ;
- la suspension du permis de conduire (jusqu’à 5 ans) ;
- l’annulation du permis de conduire avec interdiction de solliciter un nouveau (jusqu’à 3 ans) ;
- une peine de travail d’intérêt général ;
- une peine de jours-amende ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules (jusqu’à 5 ans) ;
- le suivi d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- la confiscation du véhicule.
Si le délit de fuite est couplé à un homicide involontaire ou des blessures involontaires, les peines d’amende et d’emprisonnement sont doublées :
- jusqu’à 6 ans d’emprisonnement ;
- jusqu’à 150 000 euros d’amende ;
Le refus d’obtempérer prévu par l’article L233-1 du Code de la route peut également entraîner :
- jusqu’à 2 ans d’emprisonnement ;
- jusqu’à 15 000 euros d’amende ;
- un retrait de 6 points sur le permis de conduire ;
- la suspension du permis de conduire (jusqu’à 3 ans) ;
- l’annulation du permis de conduire avec interdiction d’en solliciter un nouveau (jusqu’à 3 ans) ;
- une peine de travail d’intérêt général ;
- une peine de jours-amende ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules (jusqu’à 5 ans) ;
- le suivi d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- la confiscation d’un ou plusieurs véhicules du condamné.
Lorsque le comportement du conducteur a mis en danger la vie d’autrui, les sanctions peuvent être particulièrement aggravées.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit routier ?
Les situations de délit de fuite ou de refus d’obtempérer en cas de contrôle routier peuvent soulever des questions juridiques complexes. L’analyse précise des circonstances, des procès-verbaux et de la procédure est souvent déterminante.
Le Cabinet de Caumont et ses avocats dédiant exclusivement leur activité au droit routier examineront attentivement chaque dossier afin de vérifier :
- la régularité de la procédure ;
- la qualification exacte des faits ;
- les éventuelles contestations possibles.
Cette analyse permet d’assurer la défense des droits du conducteur et d’envisager les solutions juridiques les plus adaptées à chaque situation.



