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Récidive de délit routier : dans quel délai ?

La notion de récidive de délit routier occupe une place centrale en droit pénal routier. Lorsqu’une personne est de nouveau poursuivie pour un délit lié à la conduite après une première condamnation, la question du délai entre les deux infractions devient déterminante.

En effet, la qualification de récidive entraîne un alourdissement significatif des sanctions pénales, pouvant notamment conduire à des peines plus sévères, à une suspension ou annulation du permis de conduire, voire à une peine d’emprisonnement.

Au sein du Cabinet de Caumont, nous accompagnons régulièrement des conducteurs confrontés à cette situation. Il est essentiel de connaître et comprendre la législation afin de savoir dans quel délai une récidive de délit routier peut être retenue.

Qu’est-ce que la récidive en matière de délit routier ?

La récidive est une notion juridique définie par le Code pénal. Elle suppose qu’une personne déjà condamnée définitivement pour une infraction commette à nouveau ce même délit (ou un délit qui lui est assimilé au regard des règles de la récidive) dans un certain délai.

En matière de délit routier, la récidive concerne souvent les infractions suivantes :

  • alcool au volant
  • conduite après usage de stupéfiants
  • refus d’obtempérer
  • conduite malgré une suspension ou une annulation du permis
  • grand excès de vitesse (d’au moins 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée)

En droit routier, la récidive peut également concerner les contraventions. Dans ce cas, elle ne concernera que des contraventions de 5ème classe. 

Lorsque ces infractions sont commises après une première condamnation devenue définitive, la justice peut retenir la récidive si les conditions légales sont réunies.

Qu’est-ce qu’un délit assimilé au regard des règles de la récidive ?

Une personne déjà condamnée définitivement pour une infraction peut se trouver en état de récidive si elle commet à nouveau un délit identique ou un autre délit qui lui est assimilé au regard des règles de la récidive.

Par exemple, la conduite en état d’alcoolémie est assimilée, au regard des règles de la récidive, à la conduite après avoir fait usage de stupéfiants. 

En d’autres termes, lorsque l’on est condamné pour une alcoolémie délictuelle et que l’on est de nouveau poursuivi, cette fois, pour une conduite après avoir fait usage de stupéfiants, la loi considère que l’état de récidive légale doit être relevée (même si l’infraction n’est pas identique). 

Le délai de récidive en matière de délit routier

La question essentielle est de savoir combien de temps après une première condamnation on peut encore être considéré en récidive.

La règle générale est la suivante : la récidive de délit routier peut être retenue pendant un délai de cinq ans à compter de la dernière condamnation définitive (article 132-10 du Code pénal).

En matière contraventionnelle (5e classe uniquement), ce délai est d’un an (article 132-11 du Code pénal).

Ce délai commence à courir à partir de la fin d’exécution ou de la prescription de la peine. Par exemple, lorsqu’une personne est condamnée pour un délit au simple paiement d’une amende, la date de départ du délai de prescription de 5 ans commencera au jour du paiement.

Ainsi, si un nouveau délit routier est commis dans les cinq ans, la juridiction pourra retenir la récidive.

En revanche, si l’infraction est commise après ce délai, la récidive ne pourra en principe pas être caractérisée.

Bon à savoir : une première condamnation dans le cadre d’une composition pénale ne peut constituer le point de départ d’une potentielle récidive puisqu’il s’agit d’une mesure alternative aux poursuites et non d’une “condamnation pénale”.

Quelles sont les conséquences d’une récidive de délit routier ?

La qualification de récidive de délit routier entraîne des conséquences particulièrement importantes.

Parmi les principales aggravations possibles :

  • doublement des peines encourues
  • annulation obligatoire du permis de conduire avec interdiction de le repasser
  • confiscation du véhicule
  • peines d’emprisonnement plus importantes

Dans certaines situations, la récidive peut également conduire à des procédures plus lourdes et contraignantes (placement en garde à vue, déferrement devant le Procureur de la République, mise en place d’un contrôle judiciaire, comparution immédiate devant le tribunal correctionnel…).

L’importance d’une analyse juridique précise du délai de récidive

La qualification de récidive repose sur des critères stricts : nature de l’infraction, date de la condamnation définitive, date des faits reprochés, et correspondance entre les infractions.

Dans la pratique, des erreurs d’interprétation sont souvent commises concernant :

  • le point de départ du délai de cinq ans
  • la qualification exacte de l’infraction précédente
  • la prise en compte d’une décision non définitive

Être accompagné en cas de récidive de délit routier

Face à une procédure impliquant une récidive de délit routier, l’enjeu peut être particulièrement important pour le conducteur, notamment lorsque son permis de conduire est indispensable à sa vie professionnelle ou personnelle.

Une étude approfondie du dossier permet d’appréhender :

  • la régularité de la procédure
  • les éventuelles contestations possibles
  • la réalité juridique de la récidive
  • les arguments susceptibles d’être présentés devant le tribunal

Le Cabinet de Caumont, intervenant en droit routier depuis plus de 40 ans, accompagne les conducteurs à chaque étape de la procédure afin de défendre au mieux leurs intérêts et obtenir les décisions les plus justes.

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